D'ici Dance

HOUELLEBECQ : UN GENDRE IDEAL ?

 

 

"Il est bien évident que je suis nul. Me suis-je assez moqué des mots "coeur" et "âme" pour découvrir avec pâleur, un beau matin, qu'i lne m'en restait plus  ! Je n'imagine rien d'aussi sec que moi. Je ne tiens à personne ni à rien. Je n'attends rien.

Je me rappelle avoir éclaté de rire. Je me rappelle avoir eu l'échine glacée à la pensée de la gloire. Je me rappelle avoir été ardeur d'amour. Il n'y a plus aucune vie en moi. En dehors de l'ennui, je ne me trouve pas, je n'ai pas de place.

Tout a été surfait ! Surfaite la guerre ! Surfaits les "paradis artificiels" ! Et l'amour, donc !..... Quel coup ! Mais on vivrait. Il n'a au monde qu'une chose qui ne soit pas supportable : le sentiment de sa médiocrité."

 

On croirait reconnaître cette sobre écriture. S'agirait-il de Michel HOUELLEBECQ, notre Poète Maudit National qui s'afflige sur la couverture de nos magazines culturels ?

Non. Ces lignes sont extraites des "Ecrits" de Jacques Rigaut, jeune homme désespéré  que les Surréalistes, à peine remis de DADA, ont salué avec respect.

A l'âge de trente ans, en 1929, Jacques Rigaud s'est suicidé et les Surréalistes, emportés par un mouvement dialectique, ont très bien compris que l'on pouvait aussi s'émerveiller du Monde et même tenter de le transformer.

L'auteur du best-seller "La carte et le territoire" ne se soucie pas sérieusement de "la Poésie, l'Amour, la Liberté". Il vit dans un univers hanté d'allégories: marques et références. Il étale avantageusement sa maigreur mélancolique dans un autoportrait complaisant. Rien d'hyperréaliste: HOUELLEBECQ est lui-même une marque.

On pourrait, relisant les lignes de RIGAUT s'inquiéter pour le chantre des "Particules alimentaires". Comme son -génial- Maître, DALI, AVIDA DOLLARS, il se repaît de gloire et d'argent, et, selon moi, il va longuement prospérer sur son fumier. Comme CIORAN, qui, lui, savait écrire, il deviendra un magnifique vieillard ! C'est d'ailleurs ce que je lui souhaite !

 

Il reproche à sa mère "hippie" de ne pas lui avoir transmis les bonnes valeurs. Est-ce bien sûr ? "Peace and love", cela vous semble-t-il plus insupportable que le nihilisme et l'ironie hargneuse ? Beaucoup de jeunes gens se sont suicidés après "Les souffrances du jeune Werther". Que sera l'effet HOUELLEBECQ ?  Son bon Editeur ne trouve-t-il pas que les Français prennent déjà beaucoup d'antidépresseurs ? Faut-il encore rajouter une couche de pensées funèbres sur leur Angoisse ?

Je n'ai pas de statistiques, mais j'imagine que ce sont surtout les "Bobos" qui lisent HOUELLEBECQ. Ils ont un mince vernis de culture qu'ils adorent exhiber -  discrètement !- et je pense qu'ils dominent assez bien "La carte et le territoire". Ils vivent dans un certain confort et, comme l'Admirateur de LOVECRAFT, adorent SE FAIRE PEUR. Les gens du Peuple, plus fragiles, plus sensibles, plus combattifs et plus optimistes n'ont pas oublié les Promesses, tellement raillées par nos Maîtres et exploitées par des truands, du New Age. Ils suivent COELHO dans ses utopiques pélérinages et, selon moi, ils ont bien raison !

 

Revenons à notre Michel sponsorisé par MICHELIN. Les confidences de son ex-ami Marc-Edouard NABE, un pirate dénué d'humanité, antisémite et narcissique, nous livre ces éclairantes confidences:

"Houellebecq lui-même me l'avait bien expliqué: "Si tu veux avoir des lecteurs, mets-toi à leur niveau ! Fais de toi un personnage aussi  plat, flou, médiocre, moche et honteux que lui " (Sic) [.....] Michel avait raison. Un best-seller a toujours raison. Roman à thèse+écriture plate+athéisme revendiqué+critique de son temps (mais pas trop)+culture rock-pop+attaque des Arabes = succès garanti "

C'est un portrait intéressant, peint par un orfèvre en la matière, mais si le drôle d'oiseau romanesque que l'auteur destine à l'assassinat, caricature bien quelques traits de l'Artiste, en train de poser, évidemment, il n'est pas inutile de s'attarder sur un pernicieux petit croquis qui orne les premières pages.

L'Auteur se propose de mettre en scène JULIEN LEPERS, le mythique Animateur de "Questions pour un champion", mais c'est lui-même, sans fioritures inutiles qu'il dévoile.

"Par son acharnement, son effarante capacité de travail, ce animateur initialement peu doué, un peu stupide, au visage et aux appétits de bélier, qui envisageait plutôt, à ses débuts, une carrière de chanteur de variétés, et en gardait sans doute une nostalgie secrète, était peu à peu devenu une figure incontournable du paysage médiatique français. Les gens se reconnaissent en lui, les élèves de première année de polytechnique comme les institutrices à la retraite du Pas-deCalais, les BIKERS du Limousin comme les restaurateurs du Var, il n'était ni impressionnant ni lointain, il se dégageait de lui une image moyenne, et presque sympathique, de la France des années 2010."

Voilà le bonhomme. Lorsqu'il ne se livre pas à des considérations aussi fumeuses que banales sur l'urbanisme et l'architecture, il se prend pour Joe DASSIN ! Moi, c'est une petite musique qui, décidément, NE ME REVIENT PAS !

 

Comment ça chante ?

Essayez ces harmoniques:

"Tout cela avait pris du temps, Jed s'était levé, rêvassant devant les salades composées; il opta finalement pour un duo cheddar-dinde et  un sprite" (p. 364)

"Vers neuf heures du soir, il se fit réchauffer des lasagnes au micro-ondes. Il les mangea lentement en les accompagnant d'une bouteille de vin rouge ordinaire." ( p. 405)

BOULEVERSANT, non ?

Vous me direz que c'est du "second degré". Et après ? Les enfants des "années light" font tous du "second degré". Sans doute font-ils l'amour aussi AU SECOND DEGRE ! ou à l'entresol !

C'est monotone. Ca ne dérange personne. Mais un doute m'assaille: Tout le temps, partout, ne serait-ce pas monotone. Comme le tic d'une civilisation sénile.

 

Notre grand Auteur, lui, ne doute de rien. Il ne se propose pas: il s'impose. Il écrit, dit-il aux "Inrocks"  "en se retenant constamment comme CONRAD ou FLAUBERT." Il affiche, modestement, de belles affinités. Mais il a tort de se prendre pour l'Ermite de Croisset. Dans son cas, la rétention naît de l'impuissance et conduit à la constipation, ce fléau qui ravage nos chaumières ! Qu'on lui donne du VIAGRA et des laxatifs, vite!

Ce problème de continence, notons-le bien, ne l'empêche pas de cracher son venin. Contre le Monothéisme en la personne de Patrick KECHICHIAN, bon critique, bon écrivain et contre BRAOUZEC, l'ancien maire communiste de Saint-Denis, assimilé à un criminel pervers.

Mais, après tout, qu'il vomisse tant qu'il veut, y compris sur les journalistes serviles qui l'encensent. Cela ne me concerne pas et je n'ai pas terminé l'essai d'ANNIE LE BRUN, une femme douée d'une belle écriture et qui ne méprise pas VICTOR HUGO !

 

 

 

Michel HOUELLEBECQ : "La carte et le territoire" (Flammarion)

 

Jacques RIGAUT  :  "Ecrits"  (N.R.F.  Gallimard)

 

Pierre CHALMIN : "Ta gueule, BUKOWSKI !" (L'Editeur)

 

 

N.B.: Jusqu'à présent, Michel HOUELLEBECQ, pour promouvoir son "oeuvre" n'a pas hésité à tenir des propos inacceptables dirigés contre les Monothéismes et notamment contre l'Islam. Il doit être blâmé. pour cela, mais non sanctionné . La Patrie deVOLTAIRE est vouée à la LIBERTE D'EXPRESSION. Je ne peux donc que soutenir Fernando ARRABAL, lui-même accusé de blasphème par les Catholiques dans l'Espagne franquiste, dans son combat en faveur de notre malheureux (si peu) libre-penseur traîné en justice.

Cela lui a tout de même servi de leçon et il ne se livre plus qu'à de perfides insinuations hors de portée des journalistes. Ceux-ci s'en  félicitent bruyamment et, tout danger écarté, multiplient éloges, photos et entretiens. Le crime (contre l'Esprit) , comme toujours, a bien payé.

 



15/09/2010
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