D'ici Dance

LE POUMON VOUS DIS-JE !

C'est la Rentrée! Tous les journaux le claironnent: il faut se résigner. Déjà les bons Auteurs, adulés par la Critique et le Grand Public se mettent en rang. Ils marquent tout de suite leur Territoire et, pour faire bonne mesure, présentent leur Carte. Deux précautions valent mieux qu'une! Personne, malgré ces précautions, n'ose leur demander s'ils viennent de Mars ou de Vénus ! Ce serait, sans doute, sexuellement incorrect (D'autant plus que la Carte est valorisée aux dépens du Territoire !).

Evidemment, je suis plein de ressentiment ! Cela fait bien vingt ans que mon deuxième Roman fut massivement refusé par les Editeurs ! Et le champ de préoccupation des Lecteurs ne semble guère en harmonie avec mes éventuelles Créations. Cela fait bien longtemps que je ne me livre plus à la débauche. Avec l'âge, je me suis mis à privilégier la Qualité aux dépens de la Quantité. Tout dépend alors beaucoup de l'Intuition, de la Sensibilité et même, oserais-je cette énormité?, du Sentiment !

Je pourrais, pour obtenir le consensus, parler de cette fuite d'eau qui s'est déclarée, ce matin, dans ma Salle de Bains. Ce serait adorablement trivial et les fines mouches ne manqueraient pas de "décrypter" de délicates allusions: lorsqu'on est adepte des Réseaux Sociaux, comme moi, ne court-on pas le risque d'être victime de nombreuses fuites ? Que va penser ma Femme des furtives visites de mes "ex"? Mon chef de service fermera-t-il les yeux sur les excès de mon week-end qui s'affichent avec complaisance sur mon Mur qui murmure dès que j'ai le dos tourné ?

Pour ces fuites-là, pas de Salut, pas de Plombier !

Et tout le Monde s'y reconnaîtra !

 

Ainsi je rumine et mes Patients s'impatientent. Pour une petite officine, je dois ausculter les phases et les phrases de la fournée culturelle de la rentrée de Septembre 2010.

J'ai déjà, dans ces colonnes, développé mon diagnostic à plusieurs reprises: les Années Light affectionnent le pauvre et le concis, prétentieusement sobre, parce que c'est accessible aux plus démunis et que ça dérange le moins possible les moins démunis. Visiblement, cette tendance postmoderne (Lipovetsky) et hypernaturaliste (Eva Hadas Lebel) perdure. Après elle, le Déluge, semble-t-il !

Mais il y a plus que ces menus symptômes. Le syndrome, je le crains, est complexe et , du fait du contre-transfert, j'en ai négligé certains traits.

Imaginez-vous que j'ai découvert, en début d'année civile, qu'un emphysème s'était discètement installé dans mes poumons. Je souffre, en conséquence, d'"insuffisance respiratoire". Ce n'est pasune Bénédiction. C'est -encore pour un certain temps- la Vie . Voilà où ça mène de trop admirer Ganisbourg ! J'espère, au moins, que les petites Melody Nelson de ma jeunesse viendront déposer une fleur -ou un baiser!- sur ma sépulture .

 

Mais nous n'en sommes pas là et je m'égare encore. J'ai toujours aimé fréquenter les petits chemins hors sujet -surtout lorsque s'y prélassaient de jolies filles !

Je jette un coup d'oeil sur ma clientèle. Je constate que l'élégante structure littéraire du jeune Laurent Binet qui m'a retenu ces derniers mois ne se présente pas en cette saison. Dommage: je vais devoir me contenter de mes cancres et de quelques prosateurs appliqués (comme les Arts du même nom!)

Et là, SCOOP! j'émets un diagnostic complémentaire: "Insuffisance respiratoire" ! Mais oui, comme moi quand je n'écris pas !  Un manque de souffle évident ! Toutes ces émules du "degré Zorro" sortent, évidemment, du Sanatorium. Ils hoquètent de manière pathétique, suffoquent, bégaient! Ils se zappent eux-mêmes sans césarienne et appellent au secours le bon Docteur CELINE qui, bien stylé, ne se préoccupe que de génétique (pas du texte, évidemment !)

Tous ces gens-là sont asthmatiques et les critiques les regardent agoniser sans

intervenir. Les pauvres gens, on diraient qu'ils se noient !

Moi, pour avoir étudié de nombreux cas dans ma vie, je me sens compétent. Ne cherchez plus midi à quatorze heures: c'est le Poumon! Le poumon, vous dis-je !

C'est un spectacle désolant. Quelques "Bobos", trop méprisés, conscients qu'il se présente un problème et que la faune (ici littéraire) est en danger, jugent l'atmosphère viciée et votent "écologistes". Cela part d'un excellent sentiment mais l'Analyse me semble erronnée !

Il faut prendre en compte des facteurs de "pollution spirituelle" qui conduiront sans doute à des choix politiques similaires, mais prenant en compte la nature complexe de la situation.

 

Pendant ce temps-là, Hubert HADDAD,  mis en valeur par "Le merle moqueur", la librairie du 104, s'obstine a profiter du bon air (dont il a fait provision pour la "Géométrie d'un rêve") et nous propose dicrètement, comme un dealer, de la "bonne littérature" que l'on a pas trop coupée de Publicité.



02/09/2010
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